JEAN-PIERRE DANEL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FOCUS

 

Jean-Pierre Danel  Funambule sur 6 cordes

 

      Longtemps, Jean-Pierre Danel a été le jeune guitariste qui faisait parler de lui. Aujourd’hui, à 51 ans, ce peut être une bonne idée de jeter un œil dans le rétroviseur... Des dizaines d’albums au compteur, des disques d’or, des duos prestigieux, il y a beaucoup à dire. Petit point de la situation, dans l’attente d’un prochain album, Guitar Story, d’abord annoncé pour 2019 et reporté à 2020.

 

Fidèle à ses influences

     Quand Danel a débuté, il assumait son goût immodéré pour les Shadows, groupe majeur, certes, mais qui était déjà de l’histoire ancienne. Plus de 35 ans après, Danel reste fidèle à sa source d’inspiration, puisqu’il annonce, pour son album à venir, un nouveau duo avec Hank Marvin, leader charismatique des célèbres instrumentistes britanniques. Les deux guitaristes ont souvent collaboré depuis une quinzaine d’année : on retrouve pas moins de 9 duos communs sur le coffret 10 CD de Danel, Guitar Player. Et tout ça, sans compter des vidéos, des interviews et une préface du livre de Danel sur la Stratocaster, signée Marvin. Le duo récemment annoncé sera donc le 10ème, Une belle histoire, ou comment un fan devient partenaire de son idole….

 

Fidèle aussi à la Stratocaster

      Enfant, le jeune Danel rêvait de Stratocaster, avec de pâles copies venues d’Asie. Mais une fois devenu professionnel, il transforma son rêve en réalité. Déjà sur scène en 1982, c’est avec une Stratocaster que Danel effectue sa première tournée. Il a 14 ans, et sa guitare est noire, comme celle de Hank Marvin à l’époque. Deux ans plus tard, c’est avec une Fender blanche qu’il officie, jusqu’au milieu des années 90. Il s’équipe alors d’une exceptionnelle Stratocaster de 1956, nommée « La Marquise ». Au milieu des années 2000, c’est l’arrivée dans sa vie de l’ultime instrument de légende : Miss Daisy, fantastique pièce de musée, rarissime, désirable, aux prix d’une belle maison de campagne, et aux qualités musicales hors concours. Fender Stratocaster de préproduction de 1954, la Miss fait son show, des galeries du musée du Louvre à la médiathèque de la Ville de Paris, en passant par des livres, des couvertures de magazines, un documentaire ou bien la scène de l’Olympia. La belle a aussi ses fans prestigieux, qui ont posé leurs mains avec émotion sur ce Stradivarius rock : Brian May y gratta quelques riffs de Queen, Hank Marvin ceux des Shadows, et, en France, Laurent Voulzy s’empara de la guitare mythique, en duo avec Danel.

 

De père en fils

     Danel a de qui tenir : Pascal Danel fut en son temps l’une des valeurs phare de la chanson, avec Les Neiges du Kilimandjaro et La Plage aux Romantiques, qui firent une belle carrière internationale. Quelques duos ont réuni les deux artistes, et le dernier en date a passé quelques semaines au Top 50. Bon sang ne saurait mentir…

 

Coups de chapeau

     Les critiques et les fans admirent son phrasé, son coup de vibrato fameux, et le son vintage revisité de ses envolées fleuves… Danel a aussi reçu la reconnaissance des pros. De Brian May (qui salue son talent dans une vidéo, dans des articles et sur son compter Twitter) à Bertignac, Voulzy, Michael Jones, Paul Personne ou Axel Bauer, tous venus en duos sur ses albums, le guitariste est également salué par les pontes de l’industrie du disque. Dans un documentaire, les éloges affluent de toutes parts : le président de la SACEM, les PDG de deux majors du disques (Sony et Warner), la direction de TF1, de SkyRock, un journaliste spécialisé dans la guitare, le chroniqueur de TPMP spécialiste du monde du disque Fabien Lecœuvre, des agences de communication, des auteurs et compositeurs de standards majeurs de la chanson (Goodbye Marilou ou Requiem pour un Fou), la liste est longue, longue, longue… Près de 60 personnes pour le seul documentaire L’Homme à la Guitare, narré par Christophe Malavoy, et rempli d’hommages tous azimuts. Une rose créée à son nom a également récemment rendu hommage à Danel. What else ?

 

Impossible n’est pas Danel

     Un disque d’or avec de la guitare instrumentale ??? Impossible !! Et pourtant… Danel oppose un démenti cinglant à cet certitude, avec, en France, 14 albums et 19 singles classés au Top 50 du SNEP (le très officiel syndicat des producteurs de disques français, qui publie le classement calculé par l’IFOP). Un parcours que de très nombreux artistes bien plus grand public peuvent lui envier…  Guitar Connection ? N°1 en France à l’été 2006, disque d’or en 8 jours, suivi par 7 autres albums dans le Top 10 et quelques autres disques d’or et platine… Sans compter ses (nombreux) classements internationaux (USA, Russie, Allemagne, Japon, Inde, Australie, Brésil, Afrique du Sud, etc.) : une soixantaine de pays ont accueilli les enregistrements de Danel dans leurs hit-parades.

 

Producteur très indépendant

     23 300 000 disques vendus. C’est le chiffre gravé dans le marbre du disque multi-diamant que Sony Music lui a remis à Paris en mai 2014. 198 disques d’or et platine, pour des productions qui partent dans tous les sens : de la réédition de musique classique aux compilations Top 50, en passant par Laurent Voulzy, Hit Machine, Elie Kakou, M6 Awards, Johnny Hallyday ou Buddha Bar… Les soucis financiers des intermittents du spectacle ne le concernent sans doute que peu. Le fringuant musicien n’accumule pas que les belles Stratocaster, il a aussi un hobby plus haut de gamme encore : collectionner les Ferrari…

 

Générosité discrète

     Danel ne le clame pas sur toits : il est pourtant à l’origine de nombre d’opérations caritatives, et a participé à beaucoup d’autres. Les Petits Frères des Pauvres, la lutte contre la poliomyélite, la SPA, Amnesty International, la recherche contre le sida, ou encore diverses actions en faveur d’associations au profit des enfants malades ou défavorisés, il aide régulièrement, donne ses royalties, invite des stars (Belmondo, Jamel Debbouze), donne des spectacles, des conférences… et n’en dit quasiment rien.

 

L’intello-rock

      Une quinzaine de livres. Sur la musique ? Oui : la Stratocaster, Elvis Presley. Mais pas que… Deux biographies de Sacha Guitry lui valent d’être un spécialiste reconnu (conférences, invitations dans les émissions de Stéphane Bern, articles, etc.) et l’une d’entre elles figure au programme des universités de Harvard, Berkeley, Princeton et Stanford (rien que ça !). Danel ne joue pas sur le buzz des réseaux sociaux, il fait plutôt dans le qualitatif.

 

Papa poule

      Depuis quelques années, la plus plupart de ses créations sont, d’une manière ou d’une autre, dédiées à sa fille. Chansons, albums, concerts… Elle est partout – et nulle part à la fois, puisqu’on ne la voit pas. On connait juste son prénom : Philippine.

On sait aussi qu’il vit avec une belle et renommée chirurgienne esthétique, s’entoure de sa famille et d’animaux davantage que de people, n’a jamais bu, jamais fumé, est végétarien depuis 1973, et ne cherche surtout pas à faire parler de lui…

 

Une énigme, cet homme-là !